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Généralités sur les stocks.

DSCN40401°) Définition et rôle du stock

On appelle stock tout article ou produit détenu par une entreprise. Il est le résultat de l’écart entre le flux d’entrée et le flux de sortie.

Le flux de sortie correspond aux consommations des clients. Ce sont ces commandes qui vont définir le besoin en stock pour  répondre dans les délais, en qualité et en quantité à la demande client.

Ce flux n’est à aucun moment « maîtrisable » par l’entreprise et peut connaître d’importantes fluctuations d’un mois sur l’autre.

Le flux d’entrée lui correspond aux commandes passées  par le personnel en charge des approvisionnements et de la gestion des stocks. C’est le seul flux que maîtrise réellement toute organisation.

 

L’entreprise ne dispose que d’un levier pour pouvoir réguler son stock en attente d’être utilisé pour satisfaire la demande client. En effet si elle ne maîtrise pas correctement le flux entrant il y aura un risque de créer du sur-stock ou des ruptures.

L’existence du stock pourrait se résumer au fait que l’entreprise veuille satisfaire la demande client. C’est un raccourci assez rapide bien qu’en partie exact. Il existe en effet une multitude d’autres causes créatrices de stock. Celles-ci vont être développées dans la partie suivante.

2°) D’où viens la nécessité d’avoir un stock ?

Comme nous l’avons vu précédemment, le stock est là en grande partie pour permettre à l’entreprise de continuer à satisfaire la demande client malgré le décalage entre le flux entrant (les approvisionnements) et le flux sortant (les commandes clients).

En effet, si l’on observe les délais d’une entreprise on peut souvent constater que le délai d’obtention des matières et de production est supérieur au délai de traitement[1] de  la commande du client. Mais ce n’est pas la seule raison qui pousse l’entreprise à constituer un stock.

Toute organisation a des contraintes qui peuvent être propres à son fonctionnement ou encore au marché sur lequel elle évolue.

Ces contraintes peuvent se regrouper en trois grandes catégories :

–          Contraintes technologiques: contrainte du process (nécessité de laisser reposer un carton après sa fabrication), besoin en file d’attente en production etc…

–          Contraintes commerciales : stock imposé par le client, délai que de livraison client qui entraîne un travail sur stock etc…

–          Contraintes stratégiques et commerciales: réaliser une économie d’échelle ou se prémunir des fluctuations des cours de la bourse en achetant en plus grande quantité, etc..

 

Le cumul de l’ensemble de ces paramètres va donc former ce que l’on peut appeler le « stock nécessaire ».

Dans de nombreuses entreprises, on observe qu’au stock dit « nécessaire » a  été ajoutée telle ou telle sécurité supplémentaire pour pallier des dysfonctionnements internes ou externes.

Le problème posé par un sur-stock est avant tout financier. Tout stock coûte à l’entreprise et la prochaine partie va permettre de comprendre en quoi le stock coûte.

3°) Comment évaluer le coût d’un stock ?

Beaucoup de logisticiens et chefs d’entreprises s’accordent à dire que le stock coûte, mais peu connaissent en détail leur propre coût de stockage.

On estime que le stock coûte entre 15 et 35% de sa valeur par an[2]. Ce pourcentage, appelé « Taux de possession », est un moyen rapide de se donner un aperçu de la charge financière que représente un stock.

Exemple : « Une entreprise a une valeur de stock moyenne de 2 675 000 € sur l’année.

Son taux de possession est de 19%.

Son coût de possession sera donc de : 2 675 000 x 19% soit 508 250 € par an »

Pour déterminer de façon précise le « Taux de possession » de son stock, il faut diviser le coût de possession (soit l’ensemble des charges liées à l’exploitation d’un stock) par la valeur totale du stock.

Exemple : « Une entreprise a une valeur de stock de 180 000 € sur l’année.

L’ensemble des charges liées aux stocks sont de : 40 000 € sur l’année.

Son taux de possession sera donc de : 40 000 / 180 000 soit 22.22 %  par an »

Si on regarde de plus près les deux exemples ci-dessus, on remarque qu’il est plus intéressant de connaitre les différents postes qui composent le « coût de possession » car, cela permettra par la suite de mener des actions d’amélioration ciblées pour réduire la charge financière que représente le stock.

Le coût de possession est composé de trois éléments :

  • Les « Frais financiers » : posséder un stock revient à avancer de l’argent jusqu’à ce que la vente du produit fini soit réalisée. En ce sens, le fait de stocker provoque une avance de trésorerie qui aurait pu être placée et donc qui aurait généré un revenu.

De plus, certaines entreprises empruntent pour financer leur stock ce qui occasionne des frais supplémentaires.

  • Les « Frais de magasinage» : ce poste regroupe l’ensemble des frais liés au fait de stocker. On trouvera donc les salaires des magasiniers, les frais d’entretien des chariots, le coût du bâtiment ou encore le coût du système d’information.
  • Les « Frais de dépréciation » : ces frais représentent les charges liées aux variations de stocks sur une période. En comptabilité, une entreprise se doit d’inscrire toute variation négative des stocks en tant que charge d’exploitation. De ce fait, une entreprise ayant un niveau de stock plus bas (donc moins susceptible de fluctuer) aura de plus faibles variations de stocks et donc moins de charges.

L’ensemble de ces charges représentent donc ce que coûte directement et indirectement un stock à l’entreprise. Il est important de suivre cet élément au même titre que les indicateurs de performance logistiques car, ils sont un bon moyen d’évaluer l’impact de la politique de gestion des stocks sur les finances de l’entreprise.

Pour conclure, il est bon de préciser que le coût de possession d’un stock est à comparer au coût d’une rupture de stock pour l’entreprise. Certains financiers peuvent en effet trouver que le niveau de stock représente une somme importante mais, ils ne se rendent pas forcément compte qu’en le réduisant (et donc en réduisant le stock), ils risquent de mettre en péril la capacité à répondre à la demande client  (perte de CA). Il est donc à mon sens irréaliste de tendre vers un stock 0 ; le mieux étant de trouver le niveau optimum.

 

 


[1] Le délai de traitement d’une commande est le temps total qu’il faut à une entreprise pour que les biens commandés par un client soient mis à disposition chez lui (de la réception de la commande client au déchargement dans les locaux de celui-ci).

[2] Source : «Gestion des Stocks et des magasins» de F.Mocellin & « Organisation et gestion de la production » de G.Javel

 

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2 Comments

  1. François Lavoillotte

    16 mai 2013 at 13 h 17 min

    Je suis assez surpris par la façon dont les frais de possessions sont calculés : les définitions proposées ne correspondent pas aux normes utilées, elles se contredisent en partie, et 19% est taux d’entreprise proche de la faillitte. Bizarre !

    • Vincent Criton

      20 août 2013 at 9 h 47 min

      Bonjour Monsieur Lavoillotte

      Je me permets de vous recontacter au sujet du commentaire que vous m’avez laissé.

      Tout d’abord je tenais à vous apporter des informations complémentaires. Le taux de 19% à être pris au hasard pour réaliser un exemple.

      Pour ce qui est des données « théoriques » et de la définition du coût en lui-même, je me suis basé sur les cours que j’ai suivis ainsi que sur la référence bibliographique suivante: « Gestion des stocks et des magasins » de F . Moccelin.

      Dans une optique de confrontation des points de vue je serais intéressé d’avoir votre définition.

      Cordialement.

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